UNE CHORALE DE MUNICH À GENVAL

Témoignages

Juin
2009

Les petits chanteurs de Munich à Saint-Pierre de Genval

L'impulsion est venue de l'un de nos organistes, Christian Nicolas. Il nous proposait de recevoir à Genval les Petits Chanteurs de Munich en tournée.
Accueillir 40 enfants et leurs accompagnants, cela ne nous faisait pas peur après l'expérience de Taizé-Bruxelles. La proposition fut acceptée par l'équipe d'animation à une condition : que la recette de leur concert soit intégralement destinée aux jeunes de Matara et aux enfants du Brésil. Ce qui fut accepté et suscita l'enthousiasme. Un comité s'est formé dont le rôle était de préparer l'accueil et d'assumer l'organisation du concert. Un travail minutieux de préparation fut donc mené sous la coordination de Michel Tonglet.

Ce choeur de jeunes, moitié filles (Die Münchener Chormädchen), moitié garçons (Die Münchener Chorbuben) était en tournée de 15 jours à travers l'Europe sous la direction de leur chef, Bernhard Reimann, un pédagogue hors pair.

Et ce fut un vent de rajeunissement pour nous tous!
Spontanéité et joie de chanter ! Ces jeunes, pas encombrants du tout, nous ont donné un beau témoignage de vie !
Le mardi 9 juin au soir, une assistance nombreuse se pressait dans notre église. Quel spectacle pour nos yeux et nos oreilles! Nous avons été pris sous le charme. Je pense que ce concert fera date dans nos annales.
Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié la qualité des voix, l'ensemble, la couleur, la variété des styles, et jusque dans les détails d'une mise en scène soignée mais sobre.

Le dernier chant "Reste près de nous, Seigneur" est très connu en Allemagne et en Flandre. C'est un cantique du 18e siècle que l'on chante souvent comme une ritournelle et qui est d'ailleurs un peu usé. Mais ici, quand les enfants ont entouré l'assemblée et que leurs voix se sont élevées dans les voûtes de notre église, ce fut un ravissement. En Allemagne, tout le monde aurait chanté avec eux!
Il faut dire que ces jeunes y mettent le prix : deux répétitions de 2h30 chaque semaine, avec en plus des exercices individuels à domicile. Tous les chants sont appris par coeur. Outre le travail vocal, certains apprennent à jouer d'un instrument : flûte, piano, orgue, djembe. Ceux qui persévèrent et que nous avons vus sont les "mordus". Ils n'hésitent pas à favoriser tout ce qui sert la voix tant ils aiment transmettre le goût de la beauté par le chant. Le groupe intègre des jeunes handicapés dans la plus grande simplicité.

Chapeau à cette jeunesse!

Le lendemain matin, les familles d'accueil étaient au rendez-vous pour les adieux. Encore quelques chants, (et même un mini-concert à l'église en l'honneur d'une des filles du Chormadchen qui fêtait son anniversaire). On a pris quelques photos. Puis l'une de nos choristes a lancé l'hymne à la joie reprise par tous. L'émotion était palpable.
Moments intenses qui donnent à la vie la couleur de l'espoir. Comme le disait l'abbé Salvator, « Nous avons donné, mais finalement nous avons reçu encore plus ! »

Merci à toutes les familles d'accueil et aux organisateurs. Une fois de plus on a vu qu'à Saint-Pierre de Genval, il y a une communauté. Et ce n'est pas un vain mot.
Des invitations sont lancées pour qu'on se retrouve le 28 juin lors des festivités des Saints Pierre et Paul.

A bientôt !

Paul Spies

P.S. La recette du concert s'élève à 1410 euros. Comme convenu, Matara et Crianças de Mundo au Brésil recevront chacun 50% de ce montant. Merci à tous pour eux.

Les « Münchner Chorbuben und Chormädchen » à St Pierre Genval. (8-10 juin 2009)

Les initiatives prises par le Conseil Paroissial sous la conduite du curé Salvator, sont de plus en plus surprenantes et innovantes.
Après avoir réussi la gageure de loger 150 participants à la rencontre « TAIZE », ils ont remis le couvert en invitant la réputée chorale allemande munichoise pour un concert de chants en notre église paroissiale, sans doute en s'inspirant de la devise « Qui peut le plus, peut le moins ».
En effet, cette fois il ne fallait loger que 43 personnes, qui en fin de compte se sont avérés être 44 ou 45 , donc un « Kinderspiel » (jeu d'enfants) ! Heureusement, les organisateurs ont trouvé quelques bonnes âmes, qui ont bien voulu remplacer quelques désistements de dernière minute.
N'ayant guère de connaissances musicales, je ne commenterai pas le concert en lui-même, sauf pour dire que l'assistance fut nombreuse (trois fois supérieure à l'assistance l'avant-veille à la cathédrale du Grand Duché). Ce qui ne pouvait que réjouir les organisateurs, car le bénéfice est destiné aux bonnes oeuvres Matara (Burundi) et Crianças do Mundo (Brésil).
Nous étions tous sous le charme, pas seulement des chants mais aussi de l'ordre et de la discipline avec laquelle ces jeunes choristes sont entrés en scène. (à l'allemande, disaient certains)
Ayant eu au départ 2 choristes à loger, au compte final il y a eu une rajoute d'un troisième, ce que j'ai accepté sans consultation préalable de mon épouse (il faut savoir prendre ses responsabilités n'est-ce pas ?)
Michaël, Eliaz et Max, se sont montrés des garçons charmants et polis, l'aîné Max parlant même assez bien français. Après seulement 3 années d'études, c'était remarquable.
Le premier soir, il y avait 2 valises assez lourdes à monter au 2ème étage, Max l'ainé des trois (15 ans, 1m80) se chargeant lui-même  de cette tâche. Arrivé en haut, je me suis dit “que cela peut être lourd une valise d'enfant !”
Ma femme, Francine, avait prévu un poulet pour 4 personnes . Elle n'en revenait pas quand je suis entré en disant « Il y a un chanteur en plus ! »
Finalement tout s'est bien passé, chacun ayant trouvé son lit, nous pouvions passer à table pour « déguster à 5, le poulet prévu pour 4 ». Heureusement, ayant quelques connaissances des goûts culinaires allemands, il y avait aussi en abondannce « Kartoffel » (pommes de terre) et « Bohnen » (haricots). En plus un dessert savoureux de « fraises, chantilly et glace » La glace leur étant formellement interdite, « pour ne pas abîmer leurs voix célestes », ils se sont contentés de fraises couvertes d'une belle nappe de crème chantilly.
Le lendemain, réveil à 7 heures, petit-déjeûner à 8 heures : tartines, jambon, fromage, pour les uns, corn-flakes pour l'autre. Comme boisson : cacao ou thé aux fruits..
Puis retour à l'église à 9 heures, muni d'un pique-nique soigneusement préparé par Francine,

Après leur visite touristique de Bruxelles, nous avons repris les jeunes pour un repas en famille. Choix délibéré :  « spaghettis bolognese » (sans doute en souvenir des deux italiens Taizé logés chez nous en février).
Les spaghettis ayant en outre l'avantage de ne pas devoir se concerter entre convives : Qui préfère une cuisse ? Qui veut du blanc de poulet ? (pour les ailes, il y a rarement des préfèrences)
Le soir, concert de chants spirituels dont un « en swahili » pour faire plaisir à Salvator, le swahili étant la langue internationale de toute l'Est de l'Afrique.

Le lendemain matin, les jeunes ont écrit des cartes à leurs familles respectives. Notre Michaël, m'a demandé conseil pour envoyer sa carte à ses grands-parents habitant en Tchéquie. Cette chorale est donc aussi un peu « internationale », la deuxième chef de choeur –Olena Taitsch- étant d'origine ukrainienne, comme je l'ai appris en parlant avec elle.
Ainsi, la musique contribue à une meilleure entente entre les peuples, les jeunes chanteurs apprenant lors de leurs voyages à l'étranger à mieux connaître la diversité européenne.
Je ne sais ce qu'ils raconteront comme souvenirs à leurs parents respectifs, mais je suis persuadés qu'ils garderont un bon souvenir de la communauté de la paroisse St-Pierre de Genval.

Le mercredi 10 juin, lors d'une dernière réunion à l'église, nous nous sommes dit « Danke schön und Auf Wiedersehen ! » «Merci et Au Revoir ! » très contents de l'expérience vécue.

Lambert Geerkens

Bed & Breakfast à Genval

"La paroisse a décidé d'accueillir une chorale de jeunes Allemands. Nous recherchons des familles d'accueil.". Nous l'avions entendu cet appel à une messe du samedi soir. Mais ce sera la période des examens et en plus nous ne parlons pas allemand. Quelques jours plus tard, un e-mail de Frère Edgard réveille le sujet.
Une rapide discussion à la maison nous convainc que nous pouvons accueillir deux jeunes sans difficulté, et pour la langue, on se débrouillera bien.
C'est ainsi que lundi 8 juin, à l'arrivée de la quarantaine de jeunes de la "Münchner Chorbuben", nous accueillons deux jeunes garçons : Pet (13 ans) et Marcus (12 ans), qui se débrouillaient fort bien en anglais, Marcus parlant même un peu le français. Donc, pas de problème pour l'aspect communication.
Pour le côté intendance, nous misons sur des valeurs sûres : spaghetti bolo le lundi et poulet-frites-salade mardi avant le concert. Petite surprise quand après le repas de mardi soir nous proposons une glace : strictement interdit avant un concert.
Petite confirmation aussi à propos de l'ordre régnant dans leur chambre : similaire à celui de la chambre de nos deux garçons !!! Mais tout sera impeccable au moment de leur départ.

Le point d'orgue fut sans conteste l'excellent concert du mardi soir : par la qualité de la prestation d'abord, mais aussi par les quelques regards échangés avec Marcus et Pet. Le lendemain matin, ils nous offrent la "chope" en terre cuite de leur chorale, et puis c'est déjà le rendez-vous pour le départ vers un autre concert.

Ce que nous retenons de cet accueil ? D'abord que la paroisse est active et qu'elle a besoin de la participation des paroissiens. Ensuite, qu'ouvrir sa porte pour héberger tantôt des jeunes de Taizé, tantôt des enfants d'une chorale, c'est concrétiser ses principes d'accueil et de maison ouverte. Enfin, que l'Europe est un grand village et que toutes ces petites formes d'échange construisent patiemment cette Europe des personnes.

Une petite question pour terminer : Forts de ces expériences récentes d'hébergement, Salvator et le comité paroissial songeraient-ils à publier prochainement un guide des "Bed & Breakfast" de Genval ?

Marc & Isabelle Piret