Une liturgie de proximité :

les messes dans les familles

 

ou l'eucharistie, mystère de la rencontre...    

jusqu'au coeur de nos vies familiales

 

Durant les périodes fortes de l'année liturgique, l'Avent et le Carême, l'eucharistie du mardi n'est pas célébrée dans l'église paroissiale, mais dans une famille.

Notre curé sort de l'église pour aller à la rencontre des gens et célébrer dans une maison, au cœur d'un quartier.

L'Eglise va vers les gens , un peu comme aux premiers siècles.

Elle rejoint les personnes dans leur milieu de vie, qu'elles soient riches ou dans le besoin, malades ou bien portantes…

 

Le fait de partager l'eucharistie autour de la table familiale, celle où toute la famille prend chaque jour ses repas, est un signe très parlant.

 

A chaque célébration, on découvre des visages nouveaux.

Ces messes domestiques permettent à de petites communautés de se regrouper au niveau de chaque quartier, dans divers coins de la paroisse et même parfois au-delà de ses limites.

La physionomie de ces célébrations dépend de la famille qui accueille, des charismes, de la présence de personnes âgées, de jeunes, des petits enfants…

Ils apportent tous leur note d'originalité et de nouveauté.

Ici, on peut vivre les choses avec plus de simplicité et moins de rites. On partage aussi des préoccupations plus proches de la vie de chacun. Regroupés autour de la table familiale, on peut rejoindre ce qui faisait la base même de la dernière cène : se rassembler autour d'un repas pour célébrer le mystère d'une rencontre.

Oui, l'Eglise va vers les gens !

Par ces eucharisties domestiques, nous pouvons aussi rejoindre, à travers le temps et l'espace, des formes plus dépouillées de célébrations vécues par les chrétiens dans des situations si diverses, parfois dramatiques, mais toujours dans la joie de la résurrection …

 

Celles des premiers chrétiens, dans des maisons privées ou dans les catacombes… et, aujourd'hui encore, celles des  Eglises du silence…

 

Celle – interrompue tragiquement - de Monseigneur Oscar ROMERO assassiné le 24 mars 1980 pendant la messe qu'il célébrait. Lui qui était descendu chez les pauvres de son pays pour écouter leurs cris et leurs peines, dénoncer et lutter contre les injustices.

 

Celles faites en cachette au prix de leur vie dans l'enfer des camps de concentration. Les prisonniers broyaient quelques grains de blé rapportés du travail et le prêtre les consacrait et les distribuait en l'espace de quelques minutes…

 

Celle du Père Pierre Teilhard de Chardin perdu dans les steppes d'Asie où il n'avait ni pain, ni vin, ni autel. S'élevant au-dessus des symboles, il avait offert sur l'autel de la terre entière, le travail et la peine du monde. « Mon calice et ma patène, ce sont les profondeurs d'une âme largement ouverte à toutes les forces qui, dans un instant, vont s'élever de tous les points du Globe et converger vers l'Esprit. » ( La Messe sur le Monde », Seuil)

 

Nous pouvons aussi rejoindre intérieurement celles qu'on vit

•  dans les prisons,

•  dans des pays lointains,

•  sur tous les chemins du monde,

•  dans toutes les langues,

•  selon d'autres rites,

mais toujours avec la même foi au Christ ressuscité.

 

Paul SPIES