Les vitraux de notre église

Le vitrail de Sainte-Thérèse

Notre église Saint-Pierre ne contient aucun vitrail dédié à son saint patron si ce n’est un petit vitrail de la sacristie qui représente les initiales S & P, enlacées.
Sur le vitrail de Sainte Thérèse, on peut voir les armoiries du pape Pie XI.

En voici une lecture héraldique :
"Coupé d'or à l'aigle de sable et d'argent à trois tourteaux de gueules.
L'écu ovale posé sur deux clefs de St- Pierre, d'argent et d'or, croisées en sautoir, et timbré de la tiare d'or et d'argent."

L'écu ovale était d'usage pour les ecclésiastiques et les dames, qui normalement ne faisaient pas la guerre, un écu étant par définition un bouclier! Au XVIII° siècle, on le donnait aussi aux gens de la petite noblesse.

Ce vitrail, situé sur la façade Ouest, retrace la vie de Sainte Thérèse de Lisieux. Ses contours aux traits fins et contrastés mettent les personnages en valeur et donnent un cachet artistique à ce travail.
Détail : Marie-Françoise-Thérèse MARTIN, en robe blanche, entre au Carmel de Lisieux à l’âge de 15 ans.
Détail : Après 9 années de vie au Carmel, elle s’éteindra à l’âge de 24 ans.
Ici, on voit Sœur Thérèse dans sa cellule, s’adonnant, devant son sablier, à la lecture et à l’étude des Ecritures.
Détail : Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus fut canonisée le 17 mai 1925 par SS. le Pape Pie XI. Le 14 décembre 1927, Pie XI la proclama patronne principale de toute les missions, à l’égal de Saint François-Xavier.
C’est à cette époque que s’achevait la construction de notre église St-Pierre de Genval.
On comprend l’engouement suscité par un tel événement. L’idée de créer un vitrail retraçant la vie de Sainte Thérèse n’a donc rien d’étonnant. Ici, on la voit auprès de Notre-Dame du Mont Carmel et de l’enfant Jésus. Elle intercède et répand "une pluie de roses" (7 roses) sur l’Eglise et le monde.
Détail : Le blason du Carmel

En lecture héraldique :
"De sable surmonté d'une croix
fichée et pattée du même,
chapé-ployé d'argent
à trois étoiles à six rais de l'un en l'autre.
L'écu timbré d'une couronne de marquis."

Ce blason représente le Mont Carmel stylisé ; l'étoile inférieure : la Vierge Marie "étoile de la mer" et les deux étoiles supérieures : les prophètes Elie et Elisée. La croix plantée au sommet du Mont Carmel stylisé fut ajoutée par les Carmes Déchaux ou déchaussés, réformés en 1562 par Ste Thérèse d'Avila et St Jean de la Croix. La couronne de roses autour du blason rappelle l’événement : la canonisation de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.


Les vitraux du Choeur

Les six vitraux du chœur ont été réalisés dans les années trente par l’artiste belge Maurice LANGASKENS (1884-1946). Il était avant tout peintre et lithographe, connu par ses grands tableaux qui décrivent la vie rurale, les chevaux de trait, les scènes de la vie champêtre.
D’un style très personnel, il n’appartient à aucune école. Mais il aime les personnages étirés comme les maniéristes du 16e siècle. C’est le cas, ici, dans ces vitraux du chœur. Il aime aussi les tons gais, très colorés et même éclatants.
Surplombant le chœur, les anges adorateurs présentent les symboles de l’Eucharistie. Dans l’iconographie chrétienne, les anges figurent généralement au nombre de six. "Six" est le nombre de l’Esprit. Placés tout en haut près de la voûte, ces vitraux symbolisent le ciel peuplé des esprits bienheureux.

Les couleurs de ces vitraux où domine le rouge, l’orange et le jaune illuminent tout le chœur de l’église. Avec ,en arrière plan, les bleus et les verts, on compte 23 tons de coloris différents. "Vingt-trois" est le nombre symbolisant l’union mystique.

Détail central :

Présentation du pain et du vin de l’Eucharistie. L’ange de gauche tient le calice de la main droite et montre du doigt le ciel pour signifier que c’est l’Esprit Saint qui les sanctifie.

Détail ouest : Le sacrifice du Christ est symbolisé ici, à droite, par l’agneau pascal et, à gauche, par la croix et les 3 clous de la Passion.

Détail Est : L’ange de gauche présente le pélican nourrissant ses petits. L’ange de droite tient un gourdin et, le doigt sur la bouche, veut représenter la force du silence et de l’intériorité.


Vitraux de la chapelle du Christe Roi et du porche

Dans la chapelle du Christ Roi un vitrail représente des scènes de la vie de Saint Augustin. Pourquoi SaintAugustin à l’église Saint Pierre ?

Après avoir fondé l’école Saint-Augustin de Genval, Auguste Lannoye, directeur des Papeteries de Genval et Bourgmestre de Genval pendant 12 ans, avait souhaité qu’un vitrail de l’église soit dédié à son Saint Patron, C’est bien plus tard, après sa mort, que les vœux d’Auguste Lannoye seront réalisés et que ce vitrail trouvera sa place dans la chapelle latérale de notre église.

Détail de gauche:

Dans les "Confessions", Augustin raconte qu’après une jeunesse très libertine, il adhère au manichéisme. Sa mère, Monique, ne cesse de prier pour lui et, juste avant de mourir, elle finit par le convaincre de se convertir au christianisme, en 387.

Ici, on voit le jeune Augustin assis et en proie à la réflexion tandis que sainte Monique est debout en attitude de prière.

Détail de droite : En 387, dans la nuit de Pâques, Augustin est baptisé à Milan par l’évêque Ambroise, qui deviendra Saint Ambroise de Milan.
C’est le baptême d’Augustin que représente cette partie du vitrail.

Détail : Saint Augustin, est élu évêque d’Hippone (Afrique du Nord) en 395. Considéré comme l’un des premiers philosophes chrétiens, il a participé très activement aux conflits qui ont secoué l’Eglise d’Afrique. Il est considéré comme l’un des premiers Pères de l’Eglise d’Occident. On le voit ici, devenu évêque et écrivant l’une de ses œuvres : « La Cité de Dieu ».

Toujours dans la chapelle du Christ Roi:
Au centre de ce détail, le signe n’est pas l’abréviation du mot paix. Non, il s’agit d’un symbole chrétien très ancien qu’on rencontre déjà dans les catacombes du 1er siècle : c’est le monogramme du Christ : un X et un P entrecroisés.
Il s'agit des deux premières lettres du mot Christ en grec (christos) : le Ch grec (Ki), semblable à un X de notre alphabet, et le R grec (Rô), semblable à un P.

Les 3 lys de France.

Un clin d’œil d’Auguste Lannoye à la France, sa famille étant originaire du Pas de Calais. Ces trois lys décorent chacun des 4 battants du porche d’entrée : 3 X 4 = 12 fleurs de lys qui évoquent les 12 apôtres, les 12 piliers qui donnent accès à l’Eglise de Dieu.


Notre église de Genval est ouverte tous les jours : elle accueille les fidèles pour célébrer la liturgie ; elle est un espace rencontre et un lieu de ressourcement. A toute heure, celui ou celle qui a besoin d’un réconfort peut y goûter un moment de recueillement.

Mais elle offre aussi ses vitraux à notre contemplation. Certes, ils ne sont en rien comparables aux vitraux de la Sainte Chapelle ou à ceux des grandes cathédrales médiévales. Mais ils sont là, modestement, comme des enluminures pour notre mémoire.

Saint Jean de la Croix, mystique du 16e siècle, comparait les vitraux à une "musica callada", une "musique solidifiée"!

Au Moyen Age, c’est grâce aux vitraux que tous, analphabètes pour la plupart, pouvaient lire et s’instruire.

Le Synode d’Arras en fait mention dès le 11e siècle : "Ce que les âmes simples et les illettrés ne peuvent connaître par l’écriture leur est enseigné dans l’église : ils le savent par l’image."

Quatre siècles plus tard, François Villon faisait écho à cette idée en écrivant ce sonnet qu’il met dans la bouche de sa mère :

"Femme je suis, povrette et ancienne,
Ne rien ne sçait, oncques lettres ne lus.
Au moustier vois, dont je suis paroissienne,
Paradis painct, où sont harpes et luts,
Et ung enfer où damnés sont boullus.
L’ung me fait peur, l’autre joie et liesse… "

Aujourd’hui, dans une civilisation gavée d’images, les vitraux sont toujours là comme des "passeurs de lumière", jouant avec les couleurs pour nous émerveiller, nourrir nos cœurs, éclairer nos esprits.

Paul SPIES